Louis Vuitton à Rio

Défilés croisière 2017

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Moins d’un mois après le défilé Chanel à Cuba, c’est au tour de la marque de luxe Louis Vuitton de présenter ses créations croisière dans un lieu inattendu au Brésil. La griffe au monogramme a choisi Rio de Janeiro comme décor pour son dernier défilé, à seulement deux mois des Jeux olympiques, mais aussi en plein milieu d’une des plus graves crises politiques.

Les yeux de la planète sont une nouvelle fois tournés vers le Brésil. Mais cette fois, il n’est pas question de destitution de chef d’Etat ou de compétition sportive. Les journalistes politiques sont remplacés par la presse people et les rédactrices de mode du monde entier, venus assister au défilé Croisière 2017 de la marque française. Inspirés des collections présentées dès les années 1920 aux riches clientes, surtout américaines, qui partaient passer l’hiver au soleil, ces défilés d’intersaison profitent aujourd’hui d’un moment en dehors du calendrier chargé des semaines de la mode pour attirer l’attention des médias. Au-delà de proposer des modèles plus portables et parfois même plus abordables, elles sont devenues ces dernières années un enjeu de taille pour les griffes de luxe.

Sans la contrainte de faire partie d’une Fashion Week en particulier, ces défilés font le tour de la planète et les géants du secteur rivalisent en créativité pour trouver la destination la plus étonnante, souvent exotique, mais surtout en diapason avec le marché. Si le défilé Chanel à la Havane, qui a fait couler beaucoup d’encre, a eu lieu au moment même où le pays des frères Castro s’ouvre vers le monde, la marque au double C avait déjà bâti une île artificielle à Dubaï en 2014 et proposé un show pharaonique à Séoul en 2015. Pareil chez Dior, qui a invité le gotha de la presse et du cinéma à Shanghai en 2010. A chaque fois, ce sont de nouvelles plateformes du shopping pour la mode haut de gamme. Et quand on sait que les collections croisières peuvent représenter jusqu’à la moitié du chiffre d’affaires de certaines de ces marques, on comprend mieux l’intérêt de l’investissement.

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Un lieu exceptionnel, une collection éblouissante, voilà la recette de la maison de haute couture pour faire comme à son habitude, du bon travail. En effet, dans le cas de Louis Vuitton, le choix porte aussi sur la dimension architecturale des lieux, comme en 2015, lors du défilé croisière de la marque dans la maison californienne de Bob et Dolores Hope, à Palm Springs. Un intérêt pour les endroits aux courbes futuristes qui vient de la passion du directeur artistique de la griffe, Nicolas Ghesquière, pour l’architecture. C’est d’ailleurs lui-même qui a annoncé, via son compte Instagram, l’adresse choisie pour la présentation brésilienne : le musée d’art contemporain de Niterói. J’admire tant la puissance de la condamnation d’Oscar Nieymeyer. Sa vision, sa radicalité, son utopie même. Être capable de montrer une collection de mode dans un tel espace architectural puissant est une expérience sensorielle. À Rio de Janeiro, ce que je voyais surtout était un mouvement et une énergie explosive qui vit quelque part entre le modernisme et la tropicalité. Je suis fasciné par la dualité constante entre la nature, l’urbanisme et l’explosion picturale qu’il crée. Pour moi, la principale question était de savoir comment intégrer dans ma collection tous ces éléments qui font partie de la culture brésilienne, sans oublier que je suis juste un visiteur qui apporte ses propres références culturelles parisiennes et françaises pour le moment.

Projeté par Oscar Niemeyer, le bâtiment aux allures de vaisseau spatial est l’un des plus emblématiques de l’architecte de Brasília.Installé en 1996 sur le flanc d’une colline face à la baie de Guanabara, le musée attend lors de ce rendez-vous mondain la présence au premier rang de Catherine Deneuve, Léa Seydoux ou encore Alicia Vikander, toutes égéries de la marque, ainsi que les célébrités des telenovelas brésiliennes. Le tout suivi d’une fête pour plus de 400 convives au Parque Lage, dans le jardin botanique de Rio.

Le défilé croisière Louis Vuitton à Rio. 

Cette nouvelle collection est la première à s’imprégner de manière aussi immédiate de la culture locale, les filles défilant toutes chaussées de sandales-baskets en Néoprène, aux courbes très Niemeyer. Une série de cinq robes en Stretch, dans les couleurs flashy du street art, omniprésent à Rio, ouvre le show. Les parkas et gilets en Nylon sans manches, équipés de multiples poches, évoquent encore les lignes et les formes abstraites de l’architecture. Elles se réfèrent aussi à l’univers singulier d’Helio Oiticica, artiste néo-concret qui créait des Habits de lumière en ­assemblant des toiles de tente ou de parachute. Nicolas Ghesquière­ joue également avec un imprimé fleuri d’Aldemir Martins, repéré lors d’une rétrospective d’artistes brésiliens des années 1960, organisée par la firme française Rhodia pour promouvoir les fibres synthétiques. Pour faire passer le message, il réinterprète nombre de ses plus fameux hits : tops à damiers, sacs imprimés, ceintures nouées et silhouettes en cuir ponctué de clous. On est ici en terrain connu. Le ­designer poursuit son propos à moins de 11 semaines du début des jeux olympiques.

 

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