Les bulles de Dior

Défilés croisière 2016

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De Séoul à Théoule-sur-Mer, en passant par Palm Springs : le marathon des défilés Croisière a, plus que jamais cette année, redéfinit le sens du mot voyage. Un voyage dans le temps, d’une part, aux côtés du comédien Bob Hope ou encore de Pierre Cardin, symbole à lui seul d’une révolution artistique encore pérenne. Un voyage dans l’espace, ensuite, sous l’atrium du Dongdaemun Design Plaza de Séoul ou dans l’encablure d’une bulle, avec vue panoramique sur la Grande Bleue. Une exploration des modes, enfin, entre modernité ultra-connectée, sensibilité effortless chic et ode aux années 1960. Et c’est de cette décennie mythique, emblème de l’élégance mondaine et décomplexée, que Raf Simons s’inspire pour la collection Croisière 2016 de Christian Dior. 

Interview exclusive du créateur Raf Simons. 

Le Palais Bulles est une véritable utopie architecturale qui réunit terre, ciel et mer, un projet où le futur se construit organiquement à partir des formes et, l’architecture, à partir du passé. Pour cette collection croisière, Raf Simons, invoque les paysages et la mémoire du sud de la France. Inspiré par les couleurs, les textures et la lumière du panorama naturel de la Côte d’Azur, ainsi que par l’allure de ceux qui l’ont habitée, le créateur s’appuie sur la technique et les traditions pour réaliser des vêtements contemporains. Ainsi, le Palais Bulles devient la métaphore absolue de cette collection. Je voulais que cette collection mette au premier plan une idée de liberté, de jeu et d’individualité, surtout par rapport aux archives Dior, explique Raf Simons. Le concept de cette collection n’est surtout pas pesant mais léger et jeune, et cette légèreté se traduit ici d’une façon littérale qui lui donne toute sa fraicheur. La plupart des constructions architecturales des pièces s’inspire directement des manteaux de Christian Dior ; mais ici les tissus lourds sont remisés, un jeu d’échelle se crée et des éléments stylistiques des pièces d’inspiration sont appliqués à d’autres vêtements, comme un collage.

Moins visionnaire que le défilé automne-hiver 2015/16, ce show témoigne pourtant d’une attraction irrésistible pour le futurisme sixties : les textures métalliques s’immiscent ici et là, les jeux de transparence redéfinissent la silhouette, les découpes aux épaules et aux poches sont extravagantes, et renvoient à la tendance robotique des années Courrèges / Pierre Cardin. Des pièces simples et fonctionnelles s’opposent à d’autres à l’élégance plus traditionnelle. Une convergence de styles, de motifs, de textures et de techniques évoque le monde mélangé du sud de la France. Combinaisons et blouses de peintre, maillots de bain et robes du soir coupés en biais, toutes ces pièces se côtoient naturellement. Une sensibilité fait main explore des chemins proches de l’artisanat et des techniques traditionnelles. Les ateliers livrent ainsi leur propre version du crochet, des smocks et du patchwork. La terre, le ciel et les paysages marins sont retranscrits dans des collages de tissus lurex et les fourrures tricotées forment des ensembles qui font penser à la tapisserie ; foulards et robes deviennent alors des abstractions de ce monde organique.

Les meilleurs moments du défilé Dior croisière 2016. 

Situé sur les falaises de Théoule-sur Mer, le lieu choisi pour ce défilé a été dessiné par l’architecte hongrois Antti Lovag, inventeur du concept d’ habitologie. Fasciné par les habitations des Inuits et celles, sphériques, des premiers hommes, l’architecte a entamé la construction de ce chef d’oeuvre commissionné par Pierre Bernard en 1975 et l’a achevée en 1984. Avant sa mort en 1992, Pierre Bernard a demandé dans ses dernières volontés que le travail entamé sur cette maison continue avec son nouveau propriétaire. Celui-ci n’est autre que Pierre Cardin, le grand couturier qui commença en tant que premier de l’atelier tailleur chez Christian Dior. En visionnaire, celui-ci a toujours contribué à l’épanouissement du Palais Bulles. Par bien des points, cette vision architecturale ne se rapproche d’aucune autre, explique Raf Simons. Elle est plus humaine que rationnelle, elle représente l’individualité et la légèreté. C’est un endroit qui me fascine depuis de nombreuses années et je suis vraiment ravi de pouvoir y présenter cette collection.

1 Commentaire

  • […] Si certains directeurs artistiques ont préféré la Californie pour Louis Vuitton, d’autres la métropole pour Dior, celui de Chanel a été séduit par les charmes asiatiques de la capitale sud coréenne, Séoul. […]