Gildas Loaëc

L'homme au renard

Gildas Loaëc | L'homme au renard vignette

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Le co-fondateur de la maison au renard, auteur de la compilation Kitsuné Trip Mode mixée par Jerry Bouthier, revient sur son parcours et nous parle de l’ouverture de la nouvelle boutique rue Madame.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours avant Kitsuné ?

J’avais une petite boutique où je vendais des vinyles à une époque où il y avait encore un marché du disque. J’avais comme clients beaucoup de djs français et j’ai sympathisé naturellement avec un certain nombre d’entre eux : DJ Deep, DJ Gregory, Laurent Garnier… Il n’y avait pas Itunes, les djs devaient faire le tour des disquaires de la place pour dénicher les nouveautés. Parmis ces clients, se trouvaient Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo des Daft Punk. On a beaucoup sympathisé et j’ai fini par habiter chez l’un d’entre eux, Guy-Manuel, qui m’a accueilli parce que c’est une âme généreuse (rires). J’ai commencé à travailler avec eux, je me suis occupé de leurs bookings. J’étais même là lorsqu’ils ont signé avec Soma, le label écossais. On était jeunes, ça a démarré très vite et notre collaboration a tout de même duré 15 ans. C’est pendant cette période que j’ai appris le métier du disque, de l’image, le style, plein de choses comme ça. On a fait le tour du monde avec les concerts, c’était la grande épopée de la French touch. Les maisons de disque sortaient les projets à l’international. Je me suis occupé aussi du label Roulé en Angleterre, pour les disques de Romanthony, Thomas Bangalter…

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Comment est arrivée l’idée de fonder Kitsuné ? Le désir de réunir vos contacts dans la musique au sein d’un même projet ?

Pas vraiment, j’ai cette idée d’entreprendre depuis longtemps. J’avais déjà monté mon magasin de disques tout seul, lorsque j’avais 18 ans. J’ai toujours aimé l’idée d’avoir ma propre structure. En parallèle de ma collaboration avec les Daft Punk, j’avais déjà commencé à sortir mes premiers disques. J’étais très content de les accompagner et en même temps j’avais la latitude et l’opportunité de faire grandir le label Kitsuné. C’est durant un voyage au Japon avec eux que j’ai rencontré Masaya Kuroki. On a commencé à réfléchir à lancer une marque, un truc un peu fun qui fonctionnerait au Japon et en France. On a fini par penser à un label de disques et une marque de vêtements, sous la même entité. C’est un peu ça la genèse. J’ai donc laissé les Daft Punk quand ils se sont installés à Los Angeles pour Tron. Avec Kitsuné, on a pas voulu faire la réplique d’un label électro French Touch mais plutôt y poser nos goûts personnels. J’ai d’ailleurs plutôt une culture anglo-saxonne et certain penchant pour la pop anglaise… ça s’est concrétisé avec des titres de La Roux ou encore de Mark Ronson sur le label.

Les compilations, c’est hyper intéressant. Il y a beaucoup de musique de partout, et on agit un peu comme un référent avec Kitsuné. Kitsuné Parisien c’est un super projet. On travaille avec pleins d’artistes français pour leur faire profiter de notre écho. On vit à Paris, on habite à Paris, donc autant que cela se sache avec nos compilations Parisien. On a même fait une petite ligne de sap qui s’appelle Kitsuné Parisien et qui le revendique un peu plus loin, presque comme vous. Ce qui était vécu un peu comme un gros mot lorsque nous avons commencé, mais ça l’est moins. C’est un peu marrant car je viens de province, Nord Finistère à Lesneven, on les reconnaissait les parisiens sur la plage…

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Quelle est votre méthode pour découvrir les nouveaux talents ?

Masaya et moi voulions que Kitsuné soit le plus indépendant possible, avec un logo reconnaissable tout de suite et un son qui lui est propre. Ce qui nous intéresse c’est de se faire plaisir, et faire les choses bien. Ecoute Two Door Cinema Club, ce n’est pas des chansons compliquées, c’est facile, c’est catchy, c’est pop. C’est ça qui nous intéresse, trouver des chansons qui touchent les gens le plus loin possible, je m’en fous d’être branché.

Je crois qu’il n’y a pas de formule magique pour découvrir un hit… Lorsque j’ai entendu La Roux pour la première fois, je me suis dit qu’il fallait que l’on sorte le single. C’est devenu numéro un en Angleterre et plusieurs éléments ont contribué à ça. Bien-sûr la chanson était super, mais la personnalité de l’artiste a énormément compté, les radios et les médias avaient envie d’entendre ça, on était dans un bon timing.

La carrière des Daft Punk a aussi toujours bénéficié de ce bon timing. Ils sont passés sur Radio 1 parce que la station avait envie de fidéliser de nouveaux auditeurs, plus jeunes, qui voulaient entendre de l’électro. L’histoire d’un hit se joue souvent à rien. Un mec dans une station de radio va se réveiller un matin, être de bonne humeur, écouter un titre et avoir un déclic ! Tout cela me fait penser à ce film sur Sixto Rodriguez, Sugar Man, cet artiste américain qui faisait des solos incroyables, dont tout le monde avait perdu la trace. Quarante ans après il fait des concerts partout dans le monde parce que quelqu’un a eu cette idée de faire un film.

Aujourd’hui vous travaillez avec Citizens!, Logo, Pyramid, Le Crayon… Quels sont vos projets avec ces groupes ?

Ces groupes passent à la radio, on les pousse, on les accompagne le plus loin possible. Citizen! sont d’ailleurs des gens très cool. Ce qui nous intéresse c’est de faire des singles, des compilations et aussi développer des projets d’albums d’artistes comme avec Two Door Cinema Club. On ne fait pas semblant de créer des disques, on développe de vraies carrières.

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Quelles sont vos actualités à la rentrée ?

On vient de sortir la compilation Kitsuné Trip Mode, mixée par Jerry BouthierLe tout est avant-gardiste, brouillant les limites de la musique électronique : on reconnaît les tendances de la musique Londonienne, Allemande, Française et Japonaise. Il y en a pour tous les goûts, le mix est à partager avec des amis autour d’un bon cocktail ou à découvrir directement sur les toits de Paris ce samedi au Perchoir lors de la Kitsuné Trip Mode Party, ambiance chilling garantie. Enfin, Kitsuné va ouvrir à l’automne sa deuxième boutique parisienne, rue Madame, dans le 6ème arrondissement. On est en train de finir de constituer l’équipe.

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Photos : Virgile Guinard. Remerciements : Viviane Brès et Marie Trifault.

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  • […] l’excellente santé de la marque, créée il y a maintenant près de 15 ans par le duo Gildas Loaëc et Masaya […]