Félix Millory

L'architechture avant tout

Félix Millory | L'architechture avant tout parisianisme portrait felix millory besson

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L’architecture parisienne peut se vanter d’être hétérogène au possible. Haussmannien, seventies pas toujours réussie, néo-classique, nombreux sont les courants artistiques qui ont traversé la capitale et fait de la Ville Lumière ce qu’elle est aujourd’hui. Pourtant, le style parisien lui, est unique. Digne représentant de ce bon goût légendaire et prôné dans le monde entier, Félix Millory fait partie de la jeune garde créative qui font rayonner la ville au delà des frontières. Parisien depuis l’âge de 3 ans, l’architecte socialite enchaîne les contrats de prestige tout en gardant en tête sa fraîcheur et la sublime simplicité qui font l’essence de son travail. Partenaire des boutiques l’Eclaireur, architecte attitré de Vanessa Paradis, le jeune homme dévoile aujourd’hui son nouveau concept made in South Pi, Les Justes. L’occasion de revenir sur un parcours des plus smart et sur un esprit libre qui l’est tout autant. Portrait.

– Comment as-tu commencé l’architecture?

Je voulais être styliste à la base, mais je me suis retrouvé en Maths Sup. Le grand écart. J’ai toujours dessiné, construit. Je croquais aussi beaucoup de vêtements. Ma famille était dans le prêt-à-porter à Lyon, aussi lorsque j’ai annoncé que je voulais faire de la mode, tout le monde a désapprouvé puisque ce n’était plus ce que c’était, plus un vrai métier. J’ai donc dévié vers le poste d’ingénieur en architecture. Un espèce de milieu entre la technique, les maths, les sciences dont j’étais fou, et la création. Lorsque j’ai commencé Maths Sup, j’étais très mal à l’aise. Tout était formaté, il n’y avait pas d’art, les autres élèves étaient insensibles à l’esthétique. Puis à une réunion d’anciens élèves, j’ai revu une amie qui était allée en archi et m’a raconté son parcours. J’ai trouvé ça fantastique, au point d’arrêter mon cursus un mois après pour me consacrer à l’architecture. Je n’ai aucun regret par rapport à la mode, l’architecture me comble totalement.

– S’agit-il plus d’une passion que d’une profession?

Oui, bien sûr. C’était un tel plaisir de commencer dans l’architecture que je n’avais pas l’impression de travailler, pendant toutes mes études à l’Ecole Spéciale d’Architecture. Une sorte de hobby dominical que j’ai eu la chance de transformer en métier.

– Quel est le projet qui a lancé ta carrière?

L’appartement de Vanessa Paradis. J’avais des amis à l’époque qui étaient comédiens et qui connaissaient sa soeur, Alison. On se rencontre à une soirée, on s’entend très bien. Un jour, elle eut un gros dégât des eaux. Je lui ai donné un coup de main, en lui recommandant une entreprise avec laquelle le courant est bien passé. En reconnaissance, elle m’a glissé que sa soeur a un appartement dans le centre et qu’elle a envie d’y faire des travaux. Je l’ai donc contactée, et visité ensuite l’appartement, élaboré un devis, etc. Enfin la mère de Vanessa Paradis m’a appelé pour m’annonce que j’avais le chantier. Après avoir quitté la nouvelle agence, j’ai fait le grand saut et me suis mis à mon compte pour finaliser son appartement. J’ai multiplié les contrats par la suite.

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– As-tu une méthode de travail en particulier?

On fonce dedans, on casse tout. (rires). Non, j’ai une méthode de travail assez sensible, autant avec les clients qu’en fonction des lieux. Il m’arrive souvent d’avoir des ressentis face à un espace, l’image vient à moi toute seule. L’enjeu est de séduire le client avec ça, en faisant en sorte que cette idée vienne d’eux, qu’ils fassent partie intégrante du projet. Pour les success-tips, je pense que la bonhomie et la sympathie jouent un rôle dans la prise de contact, font qu’elle prend bien. Le premier contact est décisif, soit ça passe, soit ça casse. Lorsque ça casse, normalement, c’est qu’ils ne sont pas sûrs de leur choix, ou qu’ils ne connaissent pas leur budget. En tant qu’architecte, je suis là pour leur éduquer la notion de l’espace.

– Existe t-il un ADN Félix Millory?

Oui, en fait il y a une sorte d’obsession perpétuelle. Je ne sais pas si c’est un ADN, parce que ça fait trop calculé. Je pense qu’il y a un élément qui devient très présent, c’est la simplicité extrême, les espaces évidents. Le parti-pris est vraiment d’aménager le vide, les choses sont seulement suggérées. On travaille beaucoup sur ces subtilités là, en utilisant la structure de l’existant et en suggérant les sous-espaces pour y apporter de l’histoire. L’histoire vient par des choses pas finies, parfois brutes, de la brique au haussmannien en passant par les vieux parquets. Chaque projet a malgré tout sa propre identité.

– Tu as récemment designé le bar à Pigalle, Les Justes…

C’est cela, en décembre dernier. Un projet très beau visuellement, mon premier bar en plus ! Un ami qui a toujours de bonnes idées m’a proposé le concept. Il voulait créer un bar, Les Justes, qui différait des agencement que l’on trouve souvent à Pigalle. On voulait du chic décontracté. On a fait des patchwork de bois que l’on a peints en blanc, du papier peint vintage, on a un peu travaillé le style cabane en bois, avec beaucoup de laiton.

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– Comment te vois-tu dans 10 ans?

Je pense que les choses seront très différentes, que notre structure sera beaucoup plus importante, et que j’aurai moins ce côté homme orchestre qui est épuisant.

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