Daniel Buren

Kaleidoscope titanesque

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Photographies signées Iwan Baan pour la Fondation Louis Vuitton.

C’est au centre du Bois de Boulogne, en pleine jungle urbaine made in Paris 16, que se trouve l’un des OVNIS architecturaux les plus en lice pour l’excellence. La Fondation Louis Vuitton, imaginée par Bernard Arnault, matérialisée par le grand Frank Gehry, est le symbole même de l’engagement mécénal du paquebot luxe qu’est le groupe LVMH. Rassemblement des plus grands noms de l’art contemporain, la collection personnelle de monsieur Arnault est régulièrement mise en scène via des dialogues artistiques, des expositions thématiques ou encore des performances live, rendant à l’art contemporain tout son potentiel d’expression libre. Pour cette saison, le patron premium invite l’artiste Daniel Buren au sein du bâtiment, lui laissant carte blanche pour son travail sur la lumière et les formes. C’est le 25 mai qu’a été inauguré ce qu’on pourrait appeler un kaléidoscope titanesque, sous les applaudissements du microcosme arty parisien. Retour sur une nouvelle manière, plus vivante, d’aborder la création.

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En arrivant sur les lieux, on est d’abord éblouis par le graphisme color-block qui détonne entre les arbres du bois et les tours de La Défense. Le vaisseau Vuitton, comme les habitants du quartier l’appellent, rêvet sa robe estivale au camaïeu de couleurs totalement maitrisé. Pimpant en diable, c’est à la fois un jeu de dominos géants, un algorithme mathématique en plein air : exposé Est-Ouest, le bâtiment capte les rayons du soleil du matin au soir, et orchestre un subtil jeu d’ombres et de lumières sous sa carapace d’acier et de verre. L’occasion rêvée pour Daniel Buren, maestro de la couleur et de la transparence, de transfigurer une institution française (aussi nouvelle soit-elle) par son art. Ce sont les 3600 panneaux de verres formant l’édifice qui sont recouverts en quinconce de films colorés, à leur tour ponctués à égale distance les uns aux autres de bandes blanches ou incolores, donnant la note de tête d’une symphonie d’addition, de soustraction et d’assemblage des douze couleurs présentes, à la manière d’un prisme XXL.


Le bleu s’associe tantot au Magenta, tandis que le jaune matche totalement avec le turquoise, créant une nouvelle harmonie changeante et aléatoire sur les surfaces extérieures de l’édifice. Autre singularité, la vision du spectateur depuis l’intérieur des terrasses et balcons de la Fondation. Niché sous les verrières colorées, il est amusant de capter les monuments de la capitale revus à la sauce azur ou rouge sang, de meme pour les voitures d’une teinte précise qui évoluent lorsqu’on les regardes depuis le filtre Buren. Une manière très smart de changer la vision que l’on a de la ville lumière, aussi ingénieuse et habile qu’à l’habitude de l’artiste. Les films de couleur sont découpés à la taille exacte de chaque panneau, directement à partir des plans de Frank Gehry. Les références à la limite du Pantone soulignent l’architecture, ses formes convexes ou concaves, ses courbes autant que ses lignes brutes et incisives, en bouleversent la vision. On oublie par moment la frontière entre les voiles en verre et l’architecture en béton, marchant presque sur la verrière. Un bijou de construction sublimé par une vision poétique et esthétique propre au plus grand artiste français du 21e siècle. On souhaite à l’installation la même renommée internationale que les colonnes qui ornent la cour du Palais Royal.

Exposition DANIEL BUREN – L’OBSERVATOIRE DE LA LUMIERE
Fondation Louis Vuitton
A partir du 11 mai

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