Pitti Uomo 89

Ce qu'il faut retenir

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Photographies signées @Aldo Decaniz (I am a Samurai).

C’est du 12 au 15 janvier que se tient l’un des derniers bastions de la vraie élégance masculine : le salon du Pitti Uomo. Organisé dans la Fortezza da Basso, l’événement voit défiler deux fois par an le gotha de la mode masculine, venus accomplir leur ultime pèlerinage du beau avant le lancement de la semaine de la mode milanaise. 89 éditions, c’est à dire plus de 40 ans d’âge pour le rassemblement qui a aujourd’hui prouvé son efficacité autant sur le plan commercial que médiatique. Cette année, les organisateurs ont décidé de faire un clin d’oeil à toutes les générations inspirées par la dolce Vita, et d’assouvir les envies de Sprezzatura des esthètes venus du monde entier. Entre tradition, héritage, savoir-faire et numérique, visite guidée dans les coulisses du plus gros salon de la mode masculine, en plein Florence.

Le Pitti Uomo puise ses origines dans l’exclusivité : il est à la base un rendez-vous strictement professionnel, où les grands noms du sur-mesure (comprenez les maisons Brioni, Boglioli, Zegna, Smalto et certaines institutions de Savile Row) viennent rencontrer leurs fournisseurs, choisissent les tissus des prochaines collections, s’inspirent des tendances à venir, des coupes et des matières mises en avant. Véritable social network à échelle humaine, le Pitti est devenu au fil du temps un endroit où les hommes bespoke du monde entier viennent défiler devant photographes, journalistes, amateurs dans leurs plus beaux atours sartoriaux, histoire d’exposer leur bon goût légendaire, leur sens du mélange de couleurs subtil, et de faire découvrir les coupes et tissus des prochaines saisons.Ici pas de vanité ni de superflu, à contrario des semaines de la mode où le bling se fait parfois trop intrusif, à la limite du ridicule. Le business reste le business : tout ambassadeur du street-style local représente tout d’abord un label ou un fabriquant, il se doit donc d’être irréprochable et d’accuser un comportement des plus professionnels possible.

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parisianisme-magazine-street_style_pitti_uomo_89__727400543_1300x867Depuis sa première édition en 1972 le phénomène prend de l’ampleur, proportionnellement à l’engouement constant pour la mode masculine entre temps : l’édition 2015 a accueilli pas moins de 30 000 visiteurs venus du monde entier, du simple puriste mode au Fashion Directeur des plus grands titres de la presse. Au fur et à mesure, le Pitti Uomo est devenu l’évènement de référence pour le menswear mondial. Fabricants, acheteurs, blogueurs et social influences s’y rejoignent à chaque fois. Cette année c’est plus de 1 200 marques exposantes dont 520 étrangères qui prennent part au salon. Petit tour d’horizon des plus prometteuses.

Les artisans italiens étant à l’honneur cette année, il est donc normal de commencer par les petits nouveaux à l’allure des plus grands. On parle beaucoup de Barbanera (littéralement « Barbe Noire »), un label lancé par trois frères toscans qui révolutionne le monde du soulier homme. Véritable travail d’orfèvre, cousu-main, matières nobles et allure dandy caractérisent les collections au luxe assumé. De même pour Zabbatigli di Capri, qui eux rendent l’espadrille aussi exclusive qu’un mocassin Weston, à travers une technique de fabrication totalement manuelle.

Virée en Espagne maintenant pour la marque Sastreria 91, qui propulse les éléments vestimentaires du toreador dans la plus pure tradition sartoriale, twistés de références contemporaines. Un peu plus au Nord, Aïzena, maison de cuir made in Saint Jean de Luz, habille attaché-cases, accessoires et sacs de voyages des plus belles peausseries exotiques. Niveau maroquinerie française toujours, Anonyme Paris présente ses classiques masculins déclinés en veau, lézard ou agneau, ainsi qu’une ligne de sneakers en exclusivité pour le Pitti Uomo.

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Mais c’est sans doute le défilé Juun J que l’on retiendra tout au plus. Monument de la mode homme coréenne, le créateur peut se vanter d’avoir réinventer les volumes du casualwear, et de rendre couture le moindre jogging ou parka grâce à la précision chirurgicale de ses découpes aux allures origami. C’est lors de sa présentation en plein salon du Pitti, le 13 janvier au soir, que le designer a livré une nouvelle fois sa nouvelle vision d’un menswear décomplexé. Genderless clamaient les empiècements en cuir des blousons sans-manches, Boundaryless scandait Luke Leitch, le critique homme du Vogue US. En effet, les frontières du masculin tombent pour construire une armure à l’apparence mixte, mais au potentiel viril des plus affirmés. Les tons sobres, du blanc virginal au noir charbon, renforcent le côté anonyme des modèles, lesquels sont adaptables à toute personne en quête d’élégance moderne et distinguée. Annonciateur d’une nouvelle ère dans le monde du luxe, il était normal que Juun J présente cette collection hybride lors du salon dédié aux hommes de tous les continents, friands de nouveauté et d’exclusivité.

Au final, le Pitti Uomo, au delà des traditions et de la vision institutionnelle, rassemble les acteurs d’un style nouveau et d’une élégance inédite, tendant à confirmer son statut de dénicheur de talent autant que référence masculine. Avec ses collaborations, ses évènements uniques et son attrait certain, le salon cis dans la ville des arts par excellence a encore de beaux jours devant lui. Pitti Uomo, du 12 au 15 janvier à la Fortezza da Basso, Florence.

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